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5. Point de vue politique : l’avis du conseil fédéral

Juin 2011, par Didier Burkhalter


Introduction

En préparant ce dossier, les responsables romands de l’enseignement de la MPR ont pris l’initiative de contacter Monsieur le Conseiller fédéral Didier Burkhalter, chef du Département fédéral de l’Intérieur (DFI), en lui posant trois questions sur la façon dont l’autorité fédérale envisage le futur de la médecine de premier recours. Nous le remercions de ses réponses que nous publions ci-après in extenso. Didier Burkhalter exprime ici clairement son soutien à la médecine que nous défendons. Il mentionne la volonté politique d’étendre les soins de base à d’autres métiers de la santé, dans l’idée de favoriser le travail en réseau qu’il appelle de ses vœux, sujet qui suscitera sûrement de vifs débats au niveau national.

Pr. Alain Pécoud, Directeur de la Policlinique médicale universitaire et Chef du Département de médecine et santé communautaire, Lausanne

Comment la Confédération se positionne-t-elle face à la pénurie prévue de médecins de famille et comment souhaite-t-elle augmenter la base de recrutement de futurs médecins de famille  ?

J’aimerais vous dire au préalable que je comprends les préoccupations des médecins de famille et que notre objectif est d’améliorer la situation actuelle. Il convient d’augmenter le nombre de places de formation en médecine, en ciblant notamment les besoins de prestations en soins. La révision prévue de la Loi sur les professions médicales, qui sera mise en consultation cet été, comprendra une adaptation des objectifs de formation universitaire et de formation postgrade concernant la médecine de base et la médecine de famille. Il s’agit entre autres de revaloriser la profession de médecin de premier recours.

Après des études rendant le contenu du métier de médecin de famille plus familier et attractif, comment la Confédération peut-elle faciliter l’installation en groupe et dans des régions plus rurales  ?

La garantie de la couverture sanitaire relève de la compétence des cantons. Le contre-projet à l’initiative populaire « Oui à la médecine de famille » propose que la Confédération ait comme compétence subsidiaire d’édicter des principes de pilotage et de coordination des soins au niveau intercantonal ou régional. L’objectif sera de soutenir une compréhension plus large de la médecine de base en encourageant de nouvelles formes de prise en charge. Dans ce contexte, il faut également mentionner le volet du managed care qui entend promouvoir la mise en réseau et les soins intégrés. Cette nouvelle vision répond aux défis en faisant face à des situations de pénurie qui peuvent surgir dans des régions périphériques.

Que peut faire la Confédération pour améliorer la reconnaissance et la rémunération du métier de médecin de famille ?

La Confédération s’investit dans la reconnaissance de la médecine de famille. Le contre-projet à l’initiative populaire « Oui à la médecine de famille » propose d’inscrire la médecine de famille dans une médecine de base au sens plus large et de qualité, accessible à tous, reposant sur la collaboration des professionnels de la santé, médecins ou autres, et des institutions. Concernant la rémunération, celle-ci doit être adéquate par rapport aux prestations fournies dans la médecine de base. On mentionne l’indemnité forfaitaire de dérangement en cas de déplacement, comme premier pas. Or, pour effectivement répondre à ce but, la structure tarifaire devrait être adaptée en revalorisant les prestations de conseil médical. Le DFI suit de près les travaux en cours des partenaires tarifaires et est prêt à s’investir en faveur de la réalisation de cette révision.


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