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Portrait de Mme Micheline Louis-Courvoisier

Avril 2008, par AB


Micheline Louis-Courvoisier est historienne et maître d’enseignement et de recherche, responsable du programme "Sciences humaines en médecine" à la Faculté de médecine de Genève.

- InFormation/med : Comment une historienne arrive-t-elle en Faculté de médecine ?

Micheline Louis-Courvoisier : D’abord assistante de médecin, j’ai ensuite effectué une licence en histoire. Mon intérêt pour les aspects médicaux m’a menée à écrire une thèse sur la prise en charge des malades à l’hôpital au 18ème siècle, puis à effectuer une recherche sur les consultations épistolaires au 18ème siècle. J’ai développé ce programme de sciences humaines en médecine, avec le soutien du Professeur Suter, puis du Décanat actuel, en me concentrant sur des aspects méthodologiques qui permettent de faire un lien entre sciences humaines et médecine clinique (cf. aussi article « Sciences humaines en médecine à Genève)

- Quel rôle pour les sciences humaines dans l’enseignement de la médecine ?

M. L.-C. : Elles portent un regard différent et complémentaire sur une même question. Les sciences humaines en médecine éveillent la curiosité des étudiants et les aident à décentrer leur réflexion et modifier leur angle de vue sur leur métier de médecin. Elles maintiennent aussi les acquis de leur scolarité, en littérature et philosophie par exemple, en entretenant le goût, chez certains, pour ces branches.

- Quels ont été les grands défis pour mettre en place ce programme ?

M. L.-C. : Probablement le plus grand défi est la représentation qu’on a les uns des autres : « le médecin agit et ne réfléchit pas », alors que « le lettreux réfléchit mais n’agit pas ». Ces cultures intellectuelles très différentes nécessitent un apprivoisement réciproque, empreint de curiosité et de tolérance. Un autre défi est l’adaptation aux méthodes pédagogiques de la Faculté de médecine, très différentes de celles des Lettres.

- Quelles sont, selon vous, les perspectives de développement pour l’enseignement des sciences humaines en médecine ?

M. L.-C. : A Genève, l’essentiel y est. Le dernier séminaire prévu est actuellement en construction. Notre objectif n’est pas de faire plus, mais mieux.

- Toutes les facultés de médecine en Suisse devraient-elles collaborer dans le développement de ce type d’enseignement ?

M. L.-C. : Il est utile de savoir ce que font les autres facultés, de comparer nos expériences, mais sans obligatoirement utiliser la même approche qui dépend étroitement de la structure pédagogique en place.

- Si vous aviez un vœu par rapport à cet enseignement, quel serait-il ?

M. L.-C. : Que cet élan de convergence entre « carabins » et « lettreux » continue !

P.-S.

Ping-Pong avec Mme Micheline Louis-Courvoisier :
- Une personnalité médicale : Ignace Philippe Semmelweis (1818-1865, précurseur de l’antisepsie qui a permis de réduire notamment la mortalité liée à la fièvre puerpérale)
- Un Prix Nobel : Mère Teresa
- Autres intérêts/ Loisirs : Marche, montagne, musique
- Une qualité et un défaut : Curiosité et obstination
- Votre livre de chevet actuel : Le portrait, de Pierre Assouline
- Une période historique : Le 16e siècle : l’âge d’or de l’humanisme
- Une découverte médicale marquante : Les antibiotiques
- Une devise : Vivre à propos


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