Janvier 2004, par ,
Il existe déjà quelques vocations de chercheur pendant les études universitaires. Posons quelques questions à trois médecins internes qui viennent de finir leurs études et qui ont participé à un projet de recherche clinique.
Le nouveau système d’enseignement prépare-t-il les étudiants à faire de la recherche clinique ?
Durant les 6 six ans d’études de médecine, peu de cours préparent les étudiants à la recherche.
Les cours se rapprochant le plus à la formation de médecin-chercheur sont les cours d’épidémiologie clinique.
Facultatifs, le Programme de Recherche Pour Etudiants en Médecine (PREM) et le Neuroclub sont deux autres possibilités d’acquérir les premières bases nécessaires aux travaux de recherche.
Le nouveau système semble avoir été efficace dans l’enseignement de la recherche bibliographique.
D’autres outils nécessaires à la recherche semblent par contre faire complètement défaut :
Formation aux aspects pratiques d’un projet de recherche (rédaction du projet, façon de procéder, à qui s’adresser, etc.).
Rédaction de textes scientifiques.
Techniques de laboratoire.
Enseignement de la statistique nécessaire à la lecture critique et au traitement des données.
Ils nécessiteraient, selon les médecins internes interviewés, l’introduction de cours ou de modules facultatifs.
Concrètement, quels sont les projets d’amélioration ?
La Faculté de médecine est en train de mettre en place un système de modules facultatifs.
Notons également que la réforme de la première année d’études devrait apporter une amélioration dans la formation de futurs cliniciens et médecins-chercheurs.
Enfin, dans le cadre du "Projet Campus Virtuel Suisse", un didacticiel est en cours de développement pour l’apprentissage d’une méthodologie de recherche documentaire. Celui-ci devrait donner aux étudiants les compétences nécessaires à l’utilisation efficace de tous les types de ressources documentaires à disposition.
Qu’en est-il du chercheur clinique en formation post-graduée ?
Il existe donc encore quelques vocations de chercheur à l’heure où une grande majorité de jeunes diplômés partent exercer leur science en clinique. La discussion avec un chef de clinique et une cheffe de service nous a appris qu’au niveau post-gradué, l’expérience est souvent limitée à une année permettant de rédiger une thèse de doctorat. Tous ne sont pas passionnés pour autant par le processus de recherche.
Traçons un portrait type du médecin interne actif en recherche clinique.
D’où vient-il ?
Il s’agit parfois d’un médecin fraîchement diplômé désireux de continuer une première expérience acquise en cours d’études. D’autres abordent la recherche clinique à l’entame de leur carrière hospitalière. Leur tâche, souvent répétitive et peu stimulante, met à l’épreuve leur réelle motivation.
Parmi les médecins internes avancés, certains envisagent une prochaine activité de chef de clinique. Bien que non obligatoire dans de nombreuses spécialités, la thèse de doctorat demeure alors appréciée.
Où va-t-il ?
Dans l’ensemble, peu de médecins internes se destinent à une carrière de recherche. La médiocre reconnaissance du statut de chercheur figure sans conteste parmi les principaux motifs à cette réticence. Si le mode de raisonnement du chercheur séduit, les conditions de vie sont souvent moins bonnes malgré un investissement personnel majeur.
Qu’espère-t-il ?
Les futurs chercheurs ne demandent qu’à être encouragés et soutenus. Une fois motivés, ils nécessitent un encadrement expérimenté et disponible leur permettant de progresser. Ils ont aussi, et peut-être surtout, besoin de temps à côté de leur activité clinique pour se consacrer à leur projet.
Finalement, le développement de compétences de présentation, de managing ou de leadership, semble devoir compléter la formation des jeunes chercheurs.