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03.02.2017
Une méthode révolutionnaire pour sélectionner les nanoparticules les plus utiles en médecine

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Les nanoparticules, de petits éléments de la taille d’un virus développés en laboratoire, sont de plus en plus utilisées dans le monde biomédical. Cette technologie en plein essor porte l’espoir d’applications médicales diverses, tant dans le domaine du diagnostic que dans une optique thérapeutique. En oncologie, par exemple, les recherches dans le domaine se multiplient et laissent entrevoir des traitements plus ciblés, plus efficaces et moins pénibles pour le patient. Cependant, les interactions de ces nanoparticules avec le système immunitaire étaient jusqu’ici encore mal connues et restaient imprévisibles, limitant de fait l’usage médical qui pourrait en être fait. Ce problème est aujourd’hui en passe d’être résolu: des chercheurs des universités de Genève (UNIGE) et de Fribourg (UNIFR) ont en effet mis au point une méthode permettant de sélectionner très rapidement les nanoparticules les plus prometteuses, accélérant ainsi le développement de futurs traitements. En moins d’une semaine, ils parviennent à déterminer si les nanoparticules qui leur sont soumises sont ou non compatibles avec l’organisme humain, une analyse qui nécessitait auparavant plusieurs mois de travaux. Cette découverte, décrite dans la revue Nanoscale, permet d’envisager le développement rapide, sûr et moins coûteux, de nanotechnologies appliquées à la médecine.

Les nanoparticules ont en commun de mesurer entre 1 et 100 nanomètres (soit environ la taille d’un virus). Leur taille minuscule permet dès lors d’envisager des utilisations médicales variées, telles que jouer le rôle de marqueurs lors d’un examen diagnostique, ou encore livrer une molécule thérapeutique à l’endroit exact du corps où le médicament doit agir. Cependant, pour pouvoir être utilisées dans le domaine médical, les nanoparticules doivent d’abord prouver leur innocuité pour l’organisme humain, tout en étant capables de contourner le système immunitaire pour agir. «Il faut à un laboratoire des années pour développer une nanoparticule, sans savoir quels effets elle aura sur un organisme vivant. Il existait donc un réel besoin de développer une méthode efficace de tri applicable dès le début du processus de mise au point d’un nouveau produit, » explique Carole Bourquin, professeure aux facultés de médecine et des sciences de l’UNIGE, qui a dirigé ces travaux. « En cas de non compatibilité, plusieurs années de recherche étaient tout bonnement à jeter. »

Les macrophages, chefs d’orchestre de l’immunité
Lorsqu’un élément étranger, quel qu’il soit, pénètre dans l’organisme, le système immunitaire s’active. En première ligne, on trouve systématiquement les macrophages, de grosses cellules qui, en « ingérant » les intrus, déclenchent la réponse immunitaire. Les nanoparticules ne font pas exception. Les réactions des macrophages face à la nanoparticule examinée prédisent donc la biocompatibilité du produit. «Il est très difficile, au début du développement d’une nouvelle particule, de s’assurer que la recette est exactement la même à chaque fois, » souligne Inès Mottas, première auteure. « Si on teste des lots différents, les résultats peuvent différer. D’où notre idée de trouver un moyen de tester en même temps, sur le même échantillon, les trois paramètres permettant d’établir la biocompatibilité du produit : sa toxicité, son pouvoir d’activation du système immunitaire, ainsi que la capacité des macrophages à les ingérer.» La nanoparticule médicale idéale se doit de ne pas être toxique – donc de ne pas tuer les cellules–, de ne pas être totalement ingérée par les macrophages afin de conserver son pouvoir d’action, et de limiter l’activation du système immunitaire pour ne pas induire d’effets indésirables.

Evaluer en même temps trois éléments clés
Jusqu’ici, l’évaluation de la biocompatibilité des nanomatériaux constituait un processus laborieux de plusieurs mois et posait des problèmes de reproductibilité, car tous les tests n’étaient pas menés sur le même lot de particules. Grâce à l’utilisation de la cytométrie en flux, l’équipe de la professeure Bourquin parvient à un diagnostic portant sur les trois éléments essentiels de manière sûre et standardisée, en un temps record. « Les macrophages, mis en contact avec les nanoparticules à étudier pendant 24 heures, défilent ensuite devant des faisceaux laser. La fluorescence émise par les macrophages permet de les compter et de caractériser leur état d’activation. Etant donné que les particules sont elles-mêmes fluorescentes, on peut aussi mesurer la quantité ingérée par les macrophages. Notre procédé nous permet de tester ces trois éléments en même temps, et il suffit de très peu de particules! » indique Inès Mottas. « En deux ou trois jours, nous pouvons établir un diagnostic complet de la nanoparticule qui nous est soumise. »

Le procédé développé à Genève et Fribourg et effectué dans le contexte du centre national de compétences «Bio-Inspired Materials» rencontre déjà un important succès auprès des scientifiques travaillant à la mise au point de nouvelles particules. En leur permettant de sélectionner rapidement les particules les plus prometteuses, cette méthode concentre les efforts, ce qui a également un impact financier sur les coûts de recherche et permet de surcroît de limiter le recours à l’expérimentation animale. Elle ouvre également la voie à un traitement de plus en plus personnalisé de certaines pathologies : en testant les nanoparticules sur des cellules tumorales isolées d’un patient en particulier, par exemple, il serait théoriquement possible d’identifier le traitement le plus efficace pour le patient concerné. A voir si la pratique confirme cette hypothèse.

Illustration: Des macrophages avec en vert les nanoparticules. ©Laboratoire Bourquin – UNIFR/UNIGE

Contact: Carole.Bourquin@unige.ch, +41 22 379 90 71

Référence: Inès Mottas, Ana Milosevic, Alke Petri-Fink, Barbara Rothen-Rutishauser and Carole Bourquin. A rapid screening method to evaluate the impact of nanoparticles on macrophages. DOI: 10.1039/C6NR08194K (Paper) Nanoscale, 2017, Advance Article

Read in English: A_groundbreaking_method_for_screening_the_most_useful_nanoparticles_for_medicine.pdf
Posté par: Victoria Monti

31.01.2017
La Faculté de médecine compte 155 nouveaux diplômés

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Depuis le 28 janvier dernier, la Faculté de médecine compte 155 nouveaux diplômés: 135 diplômés en médecine humaine et 20 diplômés en médecine dentaire. La traditionnelle Cérémonie de remise des diplômes a été l'occasion de les féliciter, en présence du Vice Recteur de l'UNIGE le professeur Michel Oris, du Doyen de la Faculté de médecine le professeur Henri Bounameaux, du Vice-doyen à l'enseignement le professeur Laurent Bernheim, ainsi que du Président de la Clinique universitaire de médecine dentaire le professeur Ivo Krejci. La Secrétaire générale du Département de l'instruction publique, de la culture et du sport Mme Marie-Claude Sawerchel avait également fait le déplacement, tout comme le professeur Franscesco Bianchi-Demicheli, parrain de la volée 2016 en médecine humaine.

Bravo à toutes et à tous!
Posté par: Victoria Monti

Trois équipes de l’UNIGE et des HUG lauréates du Prix Pfizer de la Recherche 2017

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Le 26 janvier 2017, 25 jeunes chercheurs suisses ont été récompensés pour leurs travaux scientifiques remarquables, parmi lesquels trois équipes des HUG et de l’UNIGE. Il s’agit de deux équipes conjointes HUG – UNIGE en recherche clinique et d’une équipe de recherche fondamentale de l’UNIGE. Le Prix Pfizer de la recherche, l'un des prix de médecine les plus prestigieux en Suisse, est décerné chaque année depuis 1992 par la Fondation du Prix Pfizer de la Recherche, sur proposition de commissions scientifiques indépendantes.

Vaccination des femmes enceintes contre la coqueluche

Les pédiatres Christiane Eberhardt et Géraldine Blanchard-Rohner ont étudié comment optimiser la vaccination des femmes enceintes contre la coqueluche. Le transfert des anticorps maternel au foetus est en effet le seul moyen de protéger les nouveau-nés contre cette maladie, souvent très sévère à cet âge, et même fréquemment mortelle. Leurs travaux révèlent que la vaccination doit être effectuée plutôt au 2e qu’au 3e trimestre afin de maximiser le transfert des anticorps aux nouveau-nés et éviter des vaccinations trop tardives. Cette étude a eu un impact remarquable au niveau mondial puisqu’à partir de ces résultats les recommandations en vigueur sont en passe d’être modifiées dans de nombreux pays, comme par exemple en Grande-Bretagne.

Protéinurie et maladie cardiovasculaire
Dans le domaine de la néphrologie, la professeure Sophie De Seigneux , la Dre Marie Courbebaisse et la Dre Alexandra Wilhelm-Bals ont également été primées. Leurs travaux visaient à étudier si la protéinurie (les protéines dans les urines) modifiait l’excrétion rénale de phosphate, ce qui expliquerait le lien entre protéinurie et maladie cardiovasculaire, la présence d’une protéinurie constituant en effet un facteur de risque cardiovasculaire bien connu. Elles ont démontré que la protéinurie faisait baisser l’excrétion rénale du phosphate, et par conséquent permettait au phosphate de s’accumuler). Le phosphate étant toxique pour les vaisseaux, cet effet expliquerait pourquoi la présence d’une protéinurie est associée à un risque cardiovasculaire élevé. Ces résultats permettent aujourd’hui d’imaginer de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Comment les réseaux neuronaux décryptent les stimuli sensoriels
En neurosciences fondamentales, le professeur Alan Carleton et les Drs Olivier Gschwend et Nixon Abraham de l’Université de Genève ont été primés pour leurs travaux expliquant comment les réseaux neuronaux modèlent et traduisent les informations en provenance des organes sensoriels. En effet, le cerveau humain a la capacité d'identifier des informations et stimuli très divers, à les classer par ordre d'importance et à les traiter. Le principe est le même pour les informations en provenance de nos organes sensoriels. Mais comment cela fonctionne-t-il ? A quel point le nez est-il capable de différencier les odeurs ? Les chercheurs ont étudié, chez la souris, comment l'organe olfactif traitait et différenciait les diverses informations olfactives, particulièrement lorsque les stimuli étaient semblables. Les neuroscientifiques genevois ont ainsi démontré que des réseaux neuronaux spécialisés sont capables d'évaluer et de traiter les informations brutes transmises par le nez afin de discriminer des stimuli, même lorsqu’ils sont très semblables.

Contact: UNIGE, service de presse: media@unige.ch, +41 22 379 73 98

Photo: © Fondation Pfizer
Posté par: Victoria Monti

30.01.2017
Déchiffrer l’émergence de la diversité neuronale

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Le développement du cortex cérébral joue un rôle central dans l’évolution des espèces, en particulier chez l’homme. C’est pourquoi les scientifiques étudient sa microstructure le plus précisément possible. Des neuroscientifiques de l’Université de Genève (UNIGE) ont analysé la diversité des neurones de cortex, plus précisément les interneurones inhibiteurs, lors de la période de développement qui entoure la naissance. Ils ont ainsi découvert l’émergence de trois sous-groupes principaux d’interneurones en décodant l’expression de gènes propre à chacune des cellules, ainsi que leur localisation précise et parfois inattendue dans le cortex. Ces résultats, à lire dans la revue Nature communications, ouvrent la voie à une compréhension plus précise des mécanismes cellulaires à la base de maladies neuro-développementales, tels que l’autisme et la schizophrénie. Ils permettront en effet aux chercheurs de découvrir comment des perturbations génétiques interviennent lors de l’émergence de sous-types neuronaux, afin d’y agir directement.

Notre cortex cérébral est constitué de deux types principaux de neurones : les excitateurs (80%), responsables de l’activité cérébrale, et les inhibiteurs (20%), chefs d’orchestre qui dirigent l’activité des excitateurs. La richesse du fonctionnement de notre cerveau dépend dès lors de cette diversité neuronale, constituée de nombreux sous-groupes de neurones excitateurs et inhibiteurs. L’équipe d’Alexandre Dayer, professeur aux Départements de psychiatrie et des neurosciences fondamentales de la Faculté de médecine de l’UNIGE, s’est intéressée aux neurones inhibiteurs lors de la phase périnatale, soit juste avant et juste après la naissance. En effet, chez l’adulte, plus d’une vingtaine de sous-types de ces neurones sont répertoriés. Mais quand apparaissent-ils ? Quand se différencient-ils les uns des autres ?

« Pour découvrir cela, nous avons rendu les neurones inhibiteurs phosphorescents chez des souris. Nous avons ensuite choisi trois âges d’étude: juste avant la naissance de la souris, à deux jours et à cinq jours. A l’aide de la technique dite de cytométrie de flux, nous avons isolé les neurones qui nous intéressaient, puis nous avons étudié l’expression génique de chacune de ces cellules sélectionnées », explique Alexandre Dayer. En effet, la diversité moléculaire commence aujourd’hui à être disséquée grâce à des outils permettant l’analyse génomique d’une cellule unique.

Séquencer toutes ces cellules uniques a permis aux scientifiques d’identifier trois groupes de neurones, plus précisément dans les jours qui suivent la naissance. Ils ont aussi découvert que la localisation de ces trois sous-types d’interneurones inhibiteurs varie en fonction de leur identité génétique. « Ce qui est surprenant, c’est que l’un des groupes identifiés se situe dans la matière blanche, et non dans la matière grise, comme c’est le cas habituellement », ajoute le professeur Dayer. En effet, la matière blanche contient les nombreuses fibres qui permettent de transmettre les informations de l’activité neuronale qui, elle, prend naissance dans la matière grise. Reste à savoir encore, pour les neuroscientifiques de l’UNIGE, quel rôle joue ce groupe neuronal à cet emplacement et quand est-ce que les autres sous-types de neurones inhibiteurs apparaissent dans le temps.

Une nouvelle base de données

Les analyses détaillées de l’expression génique de chaque cellule appartenant à ces trois groupes d’interneurones inhibiteurs sont mises à disposition de la communauté scientifique sur un site internet. En effet, ces recherches sont importantes dans l’étude de maladies neuro-développementales, car les interneurones corticaux sont une cible privilégiée dans les maladies psychiatriques telles que l’autisme et la schizophrénie. « Grâce au séquençage de cellules uniques, nous avons pu cartographier l’expression de gènes pour chaque cellule à un temps donné pendant le développement normal. Dorénavant, nous allons pouvoir comparer les cellules perturbées par une maladie lors du développement embryonnaire à cet atlas de référence », explique Alexandre Dayer. Les catégories de neurones étudiées par les chercheurs de l’UNIGE jouent donc un rôle-clé dans le développement de ces troubles. Il s’agira à présent de trouver à quel stade de développement apparaît la perturbation génétique, puis de mettre au point des thérapies qui cibleront directement les cellules concernées à des temps développementaux précis. C’est dans cette direction que les futurs travaux de l’équipe du professeur Dayer s’orientent, dans le cadre du Pôle de recherche national Synapsy.

Illustration: Les interneurones inhibiteurs exprimant une molecule fluorescente (en vert) sont distribués dans le cortex cérébral. Ces cellules ont pu être isolées individuellement et le séquençage par cellule unique a révélé des gènes spécifiquement exprimés (en blanc) dans des sous-classes d’interneurones. © Dayerlab UNIGE.

Contact: Alexandre.Dayer@unige.ch, +41 22 379 53 86

Référence:
Frazer, A, et al. Transcriptomic and anatomic parcellation of 5-HT3AR expressing cortical interneuron subtypes revealed by single-cell RNA sequencing.Nature Communications 8, Article number: 14219 (2017). doi:10.1038/ncomms14219

Read in English: Deciphering the emergence of neuronal diversity.pdf
Posté par: Victoria Monti

Des techniques de séquençage génétique de pointe pour déterminer les causes de fièvres aiguës en Afrique et mieux faire face aux épidémies

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La Fondation Bill et Melinda Gates octroie un financement de 2,5 millions de dollars à des chercheurs suisses afin de renforcer la surveillance des maladies fébriles aiguës en Afrique (SAfia) grâce à l’utilisation de techniques de séquençage à haut débit permettant d’identifier précisément les pathogènes en cause. Ce projet de recherche, mené conjointement par la Policlinique médicale universitaire de Lausanne (PMU), le Centre des maladies virales émergentes de la Faculté de médecine de l’Université de Genève et des HUG, le CHUV et l’Institut Tropical et de Santé Publique Suisse (Swiss TPH), permettra aux acteurs de santé de répondre plus rapidement et plus efficacement en cas de flambées épidémiques.

En Swahili, le mot «Afia» signifie «santé». Ce mot correspond parfaitement à l’acronyme de «Acute Febrile Illness in Africa». La fièvre est un symptôme de tous les jours chez les patients se rendant dans les cliniques en Afrique. Elle représente un défi diagnostique et une préoccupation majeure pour les autorités de santé, en particulier dans le contexte des maladies infectieuses émergentes.

Le projet SAfia vise à étudier les causes infectieuses, notamment virales, des fièvres chez les adultes et les enfants soignés dans les centres de santé primaires en Tanzanie, en utilisant les technologies de séquençage génétique à haut débit les plus récentes développées à travers le monde. Ces patients représentent en effet une population clé dans la surveillance des maladies infectieuses, car ils permettent de détecter des infections fréquentes ou ignorées, et non pas uniquement les maladies plus sévères que l’on rencontre généralement dans les hôpitaux de référence. Ce projet de recherche contribuera donc à l’identification des virus, des bactéries et des parasites qui circulent dans ces communautés, des informations épidémiologiques essentielles pour améliorer la prise en charge, la planification sanitaire et la préparation aux épidémies.

Les récentes épidémies dévastatrices d'Ebola, Chikungunya et Zika ont en effet mis en lumière le fait que la surveillance des maladies infectieuses doit inclure des outils de dépistage très sensibles, capables d'identifier des espèces virales inconnues, des variants génétiques inattendus ou encore des pathogènes émergents potentiellement épidémiques. Le projet SAfia explorera la validité de ces nouvelles technologies génétiques dans le contexte des soins de santé primaires et déterminera leur place potentielle dans le futur.

De plus, ce projet se différencie de multiples autres projets à visées technologiques par son ancrage médical. Une grande partie des épisodes de fièvre en Afrique ont souvent une cause inconnue. En reliant les pathogènes identifiés grâce à ces analyses approfondies aux informations cliniques disponibles pour chaque patient, les médecins du projet SAfia augmentent les chances d’éclaircir les manifestations et les conséquences des maladies à l’origine de la fièvre.

Ce projet, financé par la Fondation Bill et Melinda Gates à hauteur de 2,5 millions de dollars sur 2 ans et demi, soutiendra les activités complémentaires de recherche clinique et génétique à la PMU, au CHUV et, à Genève, au Centre des maladies virales émergentes. Il est mené par la Prof. Valérie D'Acremont à la PMU à Lausanne et au Swiss TPH à Bâle, en collaboration avec le Prof. Laurent Kaiser à la Faculté de médecine de l’UNIGE et aux HUG à Genève.

Contacts
Laurent.Kaiser@unige.ch, 079 553 34 20
Valerie.DAcremont@hospvd.ch 079 556 25 51

Read in English: SAfia_Communiqué_E.pdf
Auf Deustch lesen: SAfia_Communiqué_DE.pdf
Posté par: Victoria Monti

25.01.2017
Prix Louis-Jeantet de médecine 2017

Lire le communiqué de presse:
COMMUNIQUE_PRESSE_PRIX_LOUIS-JEANTET_DE_MEDECINE_2017(1).pdf

Le prix Louis-Jeantet de médecine 2017 est attribué à SILVIA ARBER, professeur de neurobiologie au Biozentrum de l’Université de Bâle (Suisse) et directrice de recherche au Friedrich Miescher Institute (FMI) à Bâle, et à l’immunologiste CAETANO REIS E SOUSA, chef de groupe au Francis Crick Institute au Royaume-Uni.

La FONDATION LOUIS-JEANTET dote chacun des deux prix d’une somme de 700'000 francs suisses, dont 625'000 francs sont destinés à financer la poursuite des travaux des lauréats et 75’000 francs leur sont remis à titre personnel.

Les lauréats mènent des recherches de biologie fondamentale dont sont attendues d’importantes répercussions en médecine.

SILVIA ARBER, de nationalité Suisse, reçoit le prix Louis-Jeantet de médecine 2017 pour sa contribution à la compréhension du contrôle du mouvement chez les mammifères. Sous contrôle du système nerveux, le mouvement est essentiel à la survie des êtres vivants. L’équipe de Silvia Arber s’est attachée à démontrer comment les circuits neuronaux le contrôlent et l’orchestrent. Ses travaux ont ainsi permis de mieux comprendre comment sont générées les commandes motrices induisant des mouvements spécifiques. Dans la mesure où les maladies neurologiques provoquent fréquemment des troubles du mouvement et où les lésions de la moelle épinière conduisent à l’immobilité, les recherches de Silvia Arber pourraient avoir d’importantes implications en médecine.
Le Professeur Silvia Arber utilisera le montant du prix pour poursuivre ses recherches sur les mécanismes permettant aux circuits neuronaux de réguler la diversification des programmes de comportements moteurs.

Le Portugais CAETANO REIS E SOUSA reçoit le prix Louis-Jeantet de médecine 2017 pour sa contribution à la compréhension des mécanismes qui permettent au système immunitaire de repérer l’invasion d’agents pathogènes et les lésions tissulaires.
Notre système immunitaire décèle les agents infectieux et les élimine. Il détruit aussi les cellules anormales et constitue donc une ligne de défense de l’organisme face à de nombreux cancers. Caetano Reis e Sousa et ses collègues ont découvert que les cellules dendritiques, cellules dites «présentatrices d’antigènes», jouent un rôle majeur dans la détection non seulement des agents pathogènes, mais aussi des cellules infectées mourantes et des cellules cancéreuses. Ce travail a d’importantes implications dans le développement de nouveaux vaccins et dans l’élaboration de traitements anti-cancéreux utilisant l’immunothérapie.
Caetano Reis e Sousa va utiliser le montant du prix pour poursuivre l’étude des mécanismes qui permettent au système immunitaire de détecter la présence d’agents pathogènes et de cellules mortes.

LA CÉRÉMONIE DE REMISE DU PRIX AURA LIEU LE MERCREDI 26 AVRIL 2017, À GENÈVE

Informations complètes sur:
http://www.jeantet.ch/
Posté par: Mandofia

30.12.2016
La division asymétrique de certaines bactéries enfin comprise

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©Laboratoire Viollier – UNIGE. La microscopie en fluorescence à super résolution montre la protéine bipolaire ZitP (coloré en jaune) dans les cellules de Caulobacter crescentus

Chez les α-proteobactéries, un module conservé de deux protéines régissent ensemble la polarisation cellulaire et la division asymétrique.
Certaines cellules, comme les cellules souches par exemple, se divisent de manière asymétrique, permettant ainsi à leurs cellules-filles de remplir des fonctions différentes. Mais comment se déroule la division asymétrique ? Quels sont les mécanismes cellulaires à l’œuvre ? En étudiant la bactérie aquatique Caulobacter crescentus, l’équipe de Patrick Viollier, professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Genève (UNIGE), décrypte le rôle joué par une protéine nouvellement identifiée, ZitP, qui est capable de former différentes nanostructures en fonction du pôle où elle se situe, participant ainsi à la polarisation cellulaire nécessaire à une division asymétrique. Leurs résultats, à lire dans deux articles de la revue Elife, montrent de plus que ce mécanisme de polarisation existe également chez les rickettsies, des bactéries pathogènes intracellulaires obligatoires. Cette découverte permet d’obtenir des résultats préliminaires sur la polarisation de ces mystérieuses bactéries et potentiellement d’envisager un nouveau moyen de lutte contre ces bactéries.


Les scientifiques savent déjà que la division asymétrique est fortement liée à la polarisation des cellules concernées. La diversité cellulaire est en effet générée par l’action de protéines régulatrices situées aux pôles de la cellule. Celles situées à un pôle sont héritées par une cellule-fille, alors que celles à l’autre pôle le sont par l’autre cellule-fille. L’asymétrie cellulaire est donc intrinsèquement liée à la polarisation cellulaire. Afin d’étudier les déterminants de la polarisation cellulaire et d’identifier les protéines qui jouent un rôle dans cette différenciation de polarité, et qui par là-même en contrôlent la régulation, Patrick Viollier et son équipe se sont concentrés sur une bactérie modèle, Caulobacter crescentus, ayant des manifestations particulièrement visibles de cette polarisation. Cette bactérie a en effet la particularité de se diviser de manière asymétrique pour donner naissance à deux cellules-filles très différentes l’une de l’autre: la première est équipée d’un flagelle lui permettant de nager et d’explorer son environnement mais est incapable de se diviser, tandis que la seconde n’est pas motile mais peut continuellement se diviser.

Une protéine, deux fonctions
Avant d’effectuer sa division asymétrique, Caulobacter crescentus doit accumuler différents jeux de protéines à chaque pôle de la cellule. ZitP, une protéine polaire que l’équipe du professeur Viollier vient d’identifier chez Caulobacter crescentus, est impliquée dans le développement d’un appendice spécifique (pilus) à la cellule à flagelle, qui ne se retrouve pas dans l’autre cellule-fille. «Mais nous avons eu la surprise de découvrir cette protéine aux deux pôles, et non à un seul comme nous nous y attendions. Cette protéine est donc capable d’endosser deux fonctions distinctes, selon le pôle,» indique Patrick Viollier. Les scientifiques genevois ont compris pourquoi : ZitP forme des nanostructures à chaque pôle lui permettant de spécialiser sa fonction et de changer notamment ses interactions protéiques. «Grâce à des techniques d’imagerie par fluorescence, nous avons ainsi pu observer que la même protéine organise plusieurs structures, et s’exprime donc différemment selon le type de cellule-fille concerné et selon sa position sur la surface de la cellule. Les protéines parviennent, d’une certaine manière, à savoir, selon leur position, quelles fonctions elles doivent assurer», explique Mathieu Bergé, premier auteur de ces travaux. A un pôle, ZitP va jouer le rôle d’un facteur de polarité permettant la mise en place d’une organelle (pilus), tandis qu’à l’autre pôle, ZitP va s’associer PopZ, une protéine clé pour l’établissement de la polarité cellulaire chez les α-protéobactéries, afin de contrôler sa localisation au cours du cycle cellulaire.

Un système polarisé identique dans d’autres bactéries
En utilisant ces deux protéines ZitP et PopZ, l’équipe du professeur Viollier est parvenu à reproduire le système de polarisation identifié chez C. crenscentus dans un système hétérologue - E. coli - qui est normalement non polarisé, prouvant ainsi que ces deux protéines combinées constituent le système minimal de polarisation. De plus, les microbiologistes ont montré que ce système de polarisation minimum est aussi présent et fonctionnel chez des rickettsies, une bactérie pathogène intracellulaire obligatoire - autrement dit qui ne peut vivre et se diviser qu’à l’intérieur d’une cellule eucaryote - à l’origine de bon nombre de maladies. En comprenant les déterminants moléculaires nécessaires à l’établissement de ce système de polarité minimal, ils ont aussi découvert comment le désactiver et interrompre le cycle cellulaire, ce qui permet d’imaginer de nouvelles stratégies de lutte contre ces bactéries et les dangers qu’elles représentent. «Nous avons établis une preuve de principe», conclut Patrick Viollier. «Nous devons maintenant chercher à comprendre comment ces deux protéines combinées parviennent à détecter les pôles cellulaires, et établir comment exploiter ces mécanismes contre des bactéries pathogènes».

Contact: Patrick.Viollier@unige.ch , +41 22 379 41 75

Référence:
http://dx.doi.org/10.7554/eLife.18647
http://dx.doi.org/10.7554/eLife.20640
Posté par: Mandofia

12.12.2016
Prix Théodore Ott 2017: Christian Lüscher distingué

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Le Prix Théodore Ott 2017 est attribué à Christian Lüscher, professeur au Département des neurosciences fondamentales de la Faculté de médecine de l'Université de Genève, et à Andrea Volterra, professeur à l'Université de Lausanne. Christian Lüscher étudie les altérations des circuits cérébraux causées par les drogues et développe des approches pour les normaliser. Andrea Volterra explore le rôle central, longtemps ignoré, des astrocytes sur la transmission synaptique. Les deux scientifiques sont reconnus sur le plan international
pour l'importance de leurs travaux.


Christian Lüscher est l'un des spécialistes mondiaux de la plasticité synaptique. Son laboratoire étudie les mécanismes moléculaires responsables des altérations du cerveau et des modifications du comportement dans le contexte de l'addiction. Ses travaux expérimentaux ayant permis de neutraliser in vivo les modifications pathologiques causées par la dépendance aux drogues dans le cerveau de souris ont été particulièrement remarqués. A long terme, cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements pour les patients souffrant d'addictions.

Le Prix, décerné en règle générale tous les cinq ans par l'Association suisse des sciences médicales, remonte au médecin Théodore Ott (1909 – 1991), Professeur en neurologie à Lausanne. Conformément aux volontés du donateur, le Prix est remis à des chercheurs établis ayant accompli un travail particulièrement remarquable dans le domaine de la recherche fondamentale en neurosciences.

Informations complémentaires
Posté par: Victoria Monti

18.11.2016
Toutes les thromboses veineuses profondes distales ne devraient pas être traitées par anticoagulants

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Parmi les différentes formes de maladie thromboembolique, la thrombose veineuse profonde est fréquente. Elle est due à la formation d’un caillot dans le réseau veineux profond des membres inférieurs. Les thromboses veineuse profondes proximales, c’est-à-dire celles située au niveau de la veine poplitée et au-dessus, bénéficient d’une anticoagulation thérapeutique d’au moins trois mois. Les patients présentant des thromboses veineuses profondes dites distales, c’est-à-dire touchant les veines en-dessous de la veine poplitée, reçoivent aussi le plus souvent un traitement anticoagulant à dose thérapeutique. Cependant, les preuves de l’efficacité et de la sécurité de l’anticoagulation en cas de thrombose distale sont inexistantes. Sous la direction de Marc Righini, professeur à la Faculté de médecine de l’UNIGE et chef du service d’angiologie et hémostase des HUG, une équipe de chercheurs suisses, français et canadiens ont voulu savoir si, réellement, le traitement par anticoagulation des patients souffrant d’une forme de thrombose veineuse profonde distale présentait plus d’avantages que d’inconvénients.

Leur étude, un essai randomisé en double aveugle contrôlé par placebo, menée dans 23 centres médicaux en Suisse, en France et au Canada, a concerné 259 patients ambulatoires à bas risque (sans cancer actif ou maladie thromboembolique préexistante) présentant pour la première fois une thrombose veineuse profonde distale. La moitié d’entre eux a reçu une dose journalière d’héparine de faible poids moléculaire pendant 6 semaines, alors que l’autre moitié – le groupe contrôle – a reçu un placébo. En parallèle, les deux groupes ont porté des bas de compression, et ont été suivis pendant 90 jours.

«Nos résultats sont clairs,» explique Marc Righini. «Chez nos patients, l’héparine ne s’est pas révélée plus efficace que le placebo pour réduire le risque d’événements thromboemboliques veineux. Par contre, elle est associée à un risque significativement plus élevé de saignement.» Cette étude remet donc en question la prescription systématique d’anticoagulants en cas de thrombose veineuse profonde distale. L’utilisation seule de bas de compression et une surveillance échographique paraissent constituer un traitement approprié, tant pour la santé des individus concernés qu’en termes de santé publique. La question de l’utilisation des anticoagulants chez les patients à haut risque (patients hospitalisés, personnes souffrant de cancer, et patients ayant déjà souffert d’antécédents thromboemboliques veineux) doit, quant à elle, être encore examinée. Des résultats à lire dans le Lancet Haematology.

Contact: Marc.Righini@hcuge.ch, +41 22 372 92 92
Référence: Lancet Haematology. http://dx.doi.org/10.1016/S2352-3026(16)30131-4


Illustration: Istock
Posté par: Mandofia

Pour combattre le staphylocoque doré, deux antibiotiques valent mieux qu’un

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Depuis la découverte de la pénicilline en 1928, les antibiotiques sont couramment utilisés pour prévenir ou traiter les infections causées par des bactéries pathogènes. Mais leur utilisation massive et déraisonnée en médecine humaine, comme en médecine animale et en agriculture, a eu pour effet de rendre de nombreuses bactéries résistantes, et les antibiotiques inefficaces. La progression inexorable des résistances antimicrobienne et l’absence de traitements alternatifs constituent aujourd’hui, selon l’OMS, l’une des plus graves menaces pesant sur la santé publique mondiale. Dans ce contexte, l’Université de Genève (UNIGE) mène plusieurs axes de recherche dans le but de mieux comprendre le fonctionnement des bactéries et d’identifier de nouvelles manières de les neutraliser. Ainsi, à la Faculté de médecine de l’UNIGE, des microbiologistes ont découvert de quelle manière la synergie qui existe entre deux antibiotiques utilisés pour soigner les infections dues au staphylocoque doré renforce de manière importante leur pouvoir antibactérien. Des travaux à découvrir dans Antimicrobial Agents and Chemotherapies, un journal publié par la Société américaine de microbiologie.

Des maladies infectieuses, comme la tuberculose ou la pneumonie, sont actuellement extrêmement difficiles à traiter et les cas de bactéries multirésistantes se multiplient. Ainsi, le staphylocoque doré résistant à la méthiciline (MRSA) fait partie des bactéries pathogènes les plus difficiles à maîtriser à cause de sa résistance à presque tous les antibiotiques disponibles. A l’origine d’une grande variété d’infections et d’intoxications alimentaires, le staphylocoque doré peut être mortel. Il est particulièrement redouté en milieu hospitalier, où il peut se révéler particulièrement tenace. Il est donc essentiel de découvrir d’autres stratégies efficaces de contrôle de cette bactérie particulièrement dangereuse mais malheureusement courante. Les Drs William Kelley et Adriana Renzoni, microbiologistes à la Faculté de médecine de l’UNIGE et HUG, respectivement, ont peut-être découvert son talon d’Achille. En collaboration avec des équipes aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ils ont en effet découvert un mécanisme expliquant pourquoi l’administration concomitante de deux antibiotiques, le daptomycine et le β-lactam, parvient à juguler l’infection à MRSA. En effet, quand la bactérie devient résistante à la daptomycine, elle redevient sensible au β-lactam. La combinaison de DAP/β-lactams est donc efficace dans le traitement des infections souches de MRSA. Jusqu’à présent, personne n'avait compris comment cette observation fonctionnait au niveau moléculaire. « Nos observations apportent pour la première fois une explication mécanique de l’effet synergique entre ces deux antibiotiques. En comprenant pourquoi cet effet de balancier fonctionne, notre étude ouvre d’intéressantes perspectives de recherche. Il s’agit maintenant d’étudier comment exploiter ces failles dans le système de résistance bactérien,» indique William Kelley.

Référence
Renzoni A, Kelley WL, Rosato RR, Martinez MP, Roch M, Fatouraei M, Haeusser DP, Margolin W, Fenn S, Turner RD, Foster SJ, Rosato AE. Molecular bases determining daptomycin resistance-mediated re-sensitization to β-lactams ("see-saw effect") in MRSA. Antimicrob Agents Chemother. 2016 Oct 24. pii: AAC.01634-16. [Epub ahead of print])

Contact : William.Kelley@unige.ch, Adriana.Renzoni@hcuge.ch +41 22 379 56 52
Posté par: Victoria Monti

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